« Le PO nous a permis de mieux fixer les objectifs et de pouvoir les mesurer », Dr Omar Sarr

C’est vrai que la planification familiale contribue à la réduction de la mortalité maternelle et infanto juvénile, à la réduction des grossesses non désirées mais la problématique ados-jeunes devrait être une des préoccupations du Partenariat de Ouagadougou », a-t –il dit dans un entretien avec Le Partenariat, le journal de la 7ème RA.

La prise en compte des jeunes et ados devrait permettre aux pays d’harmoniser leurs politiques de prise en charge des jeunes et des adolescents et d’avoir un objectif commun mesurable chaque année.

Un plus pour le Partenariat de Ouagadougou qui est un mouvement mis en œuvre  par la volonté de 9 pays francophones ouest africains  pour promouvoir le partenariat Sud-Sud et avoir une plateforme qui permet aux pays d’échanger leurs expériences,  de pouvoir aussi partager leurs difficultés et contraintes pour, ensemble, trouver des solutions adaptées à leur contexte.

Il s’agit également, a rappelé le DSME, pour les pays de se fixer un objectif commun  de nouvelles utilisatrices de méthodes de planification donc « la solidarité entre les pays qui se partagent les tâches ».

« C’est une démarche qui peut motiver chaque pays à faire beaucoup plus d’efforts pour atteindre sa part à apporter pour atteindre cet objectif », a-t –il souligné.

Bien qu’en termes de financement il n’y a pas eu d’apport substantiel de la part du PO qui n’est pas un bailleur de fonds, ni un partenaire technique et financier, le partenariat de Ouagadougou a permis de mieux fixer les objectifs et de pouvoir les mesurer au fur et à mesure pour avoir toujours à l’œil les niveaux de performances.

Vers l’objectif de 45 % en 2020 :«Le Sénégal est sur la bonne voie»

« C’est une très bonne démarche et cela permet  à chaque pays de voir ses performances et d’identifier les interrelations que les pays doivent avoir pour faire ces échanges d’expériences et voir dans quelle mesure, celles-ci peuvent se faire », a  relevé Dr Omar Sarr.

Il y a aussi que le Partenariat a, chaque année, organisé la caravane des bailleurs pour visiter certains pays. Le Sénégal a l’opportunité de recevoir cette caravane cette année. Le ministère de la Santé estime qu’il y aura des répercussions en termes  de financements.

Le Sénégal a intégré la planification familiale comme intervention majeure pour réduire la mortalité maternelle et néonatale au Sénégal  depuis les premiers plans de développement sanitaire en 1992-1993.

Cette option a été matérialisée à chaque fois par des plans axés sur le développement de la planification familiale. Récemment avec l’appui des partenaires et dans le cadre du plan Santé reproductive, maternelle néonatale infantile et des adolescents (SRMNIA), le Sénégal a élaboré le plan budgétisé mis en place pour promouvoir la planification familiale. Le plan budgétisé a pour objectif de parvenir à un taux de prévalence de 45 % en 2020.

La revue à mi-parcours est en train d’être fait par les services compétents pour voir quelles sont les stratégies à mettre en œuvre pour atteindre cet objectif.

« Nous sommes sur la bonne voie. En 2017, l’Enquête démographique de santé le Sénégal montre une prévalence contraceptive de l’ordre de 26,7%. Si nous continuons à ce rythme avec les mêmes stratégies nous  ne pouvons atteindre que 35 % de taux de prévalence contraceptive en 2020 », a reconnu le Directeur de la Santé de la Mère et de l’Enfant.

Mais heureusement, a-t-il précisé,  la revue à mi parcours  a été faite cette année pour mettre en œuvre  « d’autres stratégies à haut impact ; ce qui va permettre de booster la PF ».

En effet, d’autres jalons vont être posés  dont l’augmentation de l’offre de services, la suscitation  de la demande par la segmentation de la cible et une communication beaucoup plus orientée vers les cibles pour pouvoir aller vers les 45 %

Pour Dr Omar Sarr,  « il y a eu la contrainte du financement parce que le plan a été budgétisé mais la mise en œuvre a posé quelques difficultés car les engagements des uns et des autres n’étaient pas au rendez-vous ». Le Sénégal  a ainsi accusé du retard pour « la mise en œuvre du plan ».

Le Sénégal est le premier pays de l’Afrique francophone à élaborer  son plan d’action budgétisé de 2ème génération, avait souligné le Secrétaire général du ministère de la Santé et de l’Action Sociale, Alassane Mbengue lors de  5ème Conférence internationale sur la Planification familiale tenue à Kigali.

L’autre élément qui impacte sur la non atteinte de l’objectif, selon toujours Dr Sarr, « c’est la non intégration des interventions à haut impact ».

« Nous l’avons compris à mi-parcours et nous allons essayer autant que possible de se rattraper avec l’introduction de la planification post-partum », a assuré Dr Sarr.

La planification post-partum est une intervention à haut impact, selon les autorités sanitaires qui vont  commencer la mise en œuvre mais aussi l’auto-injection avec le Sayanapress pour permettre aux femmes de pouvoir être autonomes par rapport au circuit sanitaire et éviter les  retards liés à l’attente. Il s’agit également de renforcer la communication pour susciter la demande

Avec la segmentation de la cible, il s’agira, de l’avis du Dr Omar Sarr,  « d’insister un peu aussi sur des cibles spécifiques notamment les adolescents, les jeunes et les adultes qui ne sont pas en union qui nécessitent également une stratégie particulière ».
Adama Diouf LY